Le prolongement de la course – Running’s Lengthiness

Le prolongement

(English version below)

Aujourd’hui, il pleut un peu.  En attendant que la nature ponde ses flocons, en regardant par la fenêtre, j’ai l’impression de voir les mois qui défilent.  Pas ceux qui sont relayés aux souvenirs.  Ceux qui s’en viennent.  Avec le soleil, avec la neige, avec l’équilibre, la piqûre, les paysages, la famille, les proches et tous les rêves qui parlent.  Le temps passe vite.  Comme les voyages.  Comme ces mouvements qui nous construisent.

Prendre le pouls de ce qui brille et de ce qui brûle en-dedans, comme en-dehors, pour construire de nouveaux projets, pour tisser la toile de ce qui nous parle et qui nous fait bouger.  Trouver un sens à toutes ces pensées qui nous animent.  Concilier les exigences du quotidien, le bonheur des siens, avec ce qui nous interpelle.  Façonner ce que personne d’autre que soi ne peut envisager:  le rêve, la vision, les souhaits qui correspondent à ce que nous sommes, véritablement.  De fond en comble.  De bas en haut et de haut en bas.  En six dimensions.  On me l’a souvent dit et j’y reviens toujours: la seule personne qui peut réveiller ce qui bouillonne au-dedans et lui donner vie, c’est soi. On peut être motivé, encouragé, soutenu, applaudi, hué, enfin, peu importe.  Au final, la motivation, c’est personnel.

Autrefois, je me sentais horrifiée à l’idée, qu’on m’avait transmise, que le chemin de chacun était une quête solitaire.  En fait, je n’y crois toujours pas.  À mon avis, il est vrai qu’une personne est tenue de faire tourner la roue – de la vie, de faire ses choix et de concocter sa recette avec toute son intention, sa volonté et ses aspirations, mais j’ai la conviction que le fait de mettre l’épaule à cette roue engendre, inévitablement, un mouvement d’équipe, un mouvement de masse.  On peut lire, ici et là: ``Seul, on va plus vite.  Ensemble, on va plus loin« .  Ça fait réfléchir.  Ma première pensée, quand je rencontre cette phrase, se lit comme suit: peut-on aller plus vite et plus loin à la fois?  On accole souvent mon prénom avec le mot patience et pourtant, quand je lis ces phrases, je me sens comme une bombe.  J’ai envie de faire partie de tout ce qui avance.  De parcourir la Terre au complet.  Depuis toujours.  Oui, oui, comme à peu près tout le monde, j’ai la capacité de me mettre en veille, voir de m’éteindre. Ça peut sembler paisible…aux premiers abords.  J’ai l’impression que le fait de se mettre sur  »mute » ou sur pause ne rend pas service.  Enfin, pas vraiment.

Ça peut sembler paradoxal, parce qu’on a tous besoin de temps d’arrêts, de moments méditatifs, de calme plat.  De temps en temps, au moins.  C’est parfois dans ces instants que pointent les priorités qu’on peut avoir oublié ou négligé.  C’est vrai.  L’équilibre, pour moi, c’est aussi reconnaître l’importance de ce balancement entre le mouvement et le temps d’arrêt, le ravitaillement.

 »What’s your mapping? » Où sont les montagnes? Les points d’eau?  Les gens qui accompagnent? Ceux avec qui tu partages un bout de la topographie, en relief, en eau, en couleurs?  En quoi crois-tu?  Avec le temps, la course prend des airs d’aventure, elle demande de l’oeil, du coeur au ventre et une motivation qui vont plonger loin en-dedans.  Les muscles sont là.  L’entraînement prend tout son sens.  La place se libère pour les instants qui se forgeront une beauté dans les souvenirs qui peuplent ta coiffe.  Même si tu n’as plus de cheveux.  Tu t’en rappelleras, c’est sûr et, d’une façon ou d’une autre, tu auras envie de recommencer.

Opportunivore.  Un mot transmis par mon amie Joanne, il y a plus de quinze ans, et qui m’a souvent fait sourire.  Nous étions alors un regroupement de végétariens, actifs, mais bien originaux, qui pourchassaient les grands espaces, l’air sauvage de l’Abitibi, entre deux Outaouais.  Je collectionnais les plumes, entre les sorties, échafaudant un plan pour repartir à l’aventure.  Puis, en plein hiver, j’ai croisé un harfang des Neiges, dehors.  Dans le fin fond de l’Abitibi, le harfang m’a présenté un bébé: ma fille.  Ma grande.  Pas besoin de vous dire que le concept d’équilibre s’est imposé.  J’ai un peu rangé mes valises et j’ai pris le temps de respirer très fort.  Je me suis soignée.  J’ai souhaité, de tout mon coeur, grandir avec elle.  Sept mois et demi plus tard, elle m’aura conduite en Outaouais, où sa soeur nous attendait.  Et douze années ayant passées, loin du harfang, mais entourée de dindons sauvages et de chevreuils, toutes les deux, elles me poussent, me confrontent, m’encouragent et m’inspirent aussi.

La Nature est un défi . La famille également.  Comme le reste.  C’est un peu de ce qui rend la vie si belle, je crois.  Défi = objectifs.  Les objectifs représentent, à tout coup, un pas vers l’avant.  J’écris, à tout rompre, que j’en veux encore.  Que je suis assoiffée de trails, de sentiers sauvages, de rencontres, de découvertes au quotidien.  Je veux construire.  L’entraînement dépasse la routine.  C’est un mode de vie.  Tout dépend de la lunette avec laquelle je regarde le tout.  Je ne cherche pas la réponse.  Je cherche l’action. Je ressens.  Essoufflée ou pas, il se passe quelque chose.  Certains jours, comme ce matin, alors que mes jambes me paraissent bien raides, je remercie la pluie.  Elle me donne un instant pour poser ce qui compte vraiment.  J’irai probablement la visiter quand même, mais à un autre rythme. J’honorerai ce moment de pause parce que j’ai conscience d’en avoir bien besoin et que c’est nécessaire.  Pour moi.  Pour mes filles aussi.  Tout passe.

Et c’est comme ça qu’on construit ce qui suivra, ce que sera l’étape qui parle le plus fort. Ce qui vibre et qui rayonne.  Immanquablement.  Ça dépasse les pronostics et les statistiques (qui ont leur valeur, bien entendu, mais en temps et lieu).

L’important, c’est de sortir.  L’important, c’est d’y croire.  De l’imager. De trouver sa ligne.

La mienne passe par les montagnes.  Avec le sourire de mes enfants.

Et la vôtre, où s’en va-t-elle?

Merci à Endurance Aventure, à mes collègues du Club de Trail Le Coureur, à mes enfants, à ma directrice d’école, aux journalistes, à Christine, Martin, Andrew et à l’équipe de Huway, aux parents et aux amis qui font, de chacun de ces moments, un épisode à part.  Je n’ai même pas besoin d’écouter la télé;)!

 

Bonne année!

Running’s Lengthiness

Today is a little rainy day.  Waiting for Nature to carry it’s snowflakes, looking through the window, months seem to fly around.  Not those that went by, laying in a souvenir box, but those that are about to come. About to crush with our everyday reality.  With sun, with snow, with balance, crazy ideas, landscapes views, family, closest ones and every talking dream.  Times goes by so fast.  Like a trip, growing into a journey.  Like those movements, working on building us, shaping us.

To take the pulse of what is shining and waving from inside-out, as outside-in, to build new projects, to weave, in a web, what’s talking to us, what makes us move.  To give to all those crossing thoughts a sense.  To conciliate everyday’s requirements, our loved ones happiness, with the Big call we feel, hold and witch can challenges us.  To create what no other than ourselves can consider: our own dream, our vision, our wishes, those related to who we are, really, truly, deeply.  From top to bottom.  From bottom to top.  In six dimensions.  It was frequently told to me: the only individual able to awaken what’s bubbling inside and move it to life is the one experimenting it.  Not someone aside.  We can be filled with motivation, , encouraged, supported, acclaimed, hooted or what so ever.  At the end, motivation is ans remains a very personal path.

A long time ago, I felt horrified about the idea, passed on to me, that everyone’s route was a lonely quest.  I cannot believe it yet.  In my opinion, it is true that someone has to turn the wheel – of life, to make his or her choices and to offer a recipe with all possible intentions, will power and aspirations, but I am also convinced that give a shot on turning this wheel feeds, generates, inevitably, a team movement, a mass movement.  Here and there, we come to read: »Alone, we move faster.  Together, we move further ».   It is something to think about.  First thought, when I encounter this sentence, can be read like this: can we go faster and further at the same time?  Lots of people often glue my name with the word patience, but, when I read those sentences, It feels like I could explode.  I have a strong desire to take part to everything going forward.  To travel and run through the whole Earth.  It’s always been like that.  Oh, yes, like almost everyone, I can shut myself down, even switch to off. It can appear like peaceful…at first glance.  I feel like putting ourselves to mute or pause doesn’t help any situation.  Well, not really.

All of this can appear as a paradox, as we all need some times to stop, some quiet and meditative moments, calm places to reach to.  Every now and then, at least.  It is sometimes in those gap moments that priorities arise, those that might have been forgotten or neglected.  It’s true.  To me, balance is also the ability to see and reconnect with rocking movement and breaks, the aid and food station.

 »What’s your mapping? » Where are the mountains?  Water spots?  People surrounding and guiding?  Those with whom you share a part of topography, in relief, in water, in colors?  What do you believe in?  With time, running opens it’s wings, asks for our eyes to be wide open, our heart to feel strong and safe and for a special motivation, all going to reach us from deep within.  Muscles are there.  Training takes its whole meaning.  A space is wide open for those moments growing in a nice bouquet to add to your souvenir box.  Even if you don’t remember where you’ve put it.  You’ll get back to it, for sure.  And, in a way or another, you might want to do it all over again.  To do more.

Opportunivore. A word shared by Joanne, my friend, about fifteen years ago, witch made me laugh, over and over again.  We were, back then, a group of active vegetarian people, pretty originals, chasing great spaces, Abitibi’s wild vibe, between two Outaouais.  I was collecting feathers, as we were exploring outdoors, building a strategy to get back to world’s discovery and adventure.  Then, in the morning of a wintry day, a snowy owl crossed my way.  In Abitibi’s depths, this snowy owl introduced me to a little one: my daughter.  My first One.  No need to argue about the importance of balance and the way it came to take its place in a daily life.  I partly stored my suitcases, backpack and took a while to breathe deeply.  I healed myself.  I wished, with all of my heart, to have the privilege to grow with her.  Seven months and a half later, she drove me, by plane, to Outaouais, where her sister was waiting for us.  And, twelve years later, physically far away from the snowy owl, but surrounded by wild turkeys and deer, they both push me forward, challenge me, encourage me and inspire me too.

Nature is a challenge in itself.  Family as well.  Like most of our lives.  It’s what makes it so beautiful, I guess.  Challenge = goals.  Goals drive to a step and then another step further.  I constantly write I want some more.  That I am thirsty for trails, wild paths, encountering people, every day discoveries.  I want to build.  Training goes beyond routine.  It is a way of living ones life.  Everything is modulated by how I look through glasses lenses.  I do not seek for an answer.  I seek for action.  I feel.  Whether I’m out of breath or not, something is going on.  Some days, like this morning, as my legs feel really heavy and stiff, I thank this winter rain.  It gives me a moment to get on things that count. I probably will go out and visit it anyway, but at a different pace.  I will give thanks for this slow time because I’m conscious about the fact that I need it and that it is most welcome.  For me.  For my daughters as well.  Everything goes by.

And that’s how we work on growing plans, on what will speaks to us most loudly.  What vibrates and shine, like a sunny day.  It travels past statistics and pronostics (no offense to their value, in appropriate times and places).

What really matters is to go out, to play outside.  Most of all: to believe in it.  To put a picture on it.  To find our own line.

Mine goes through mountains.  With my children’s smile.

And yours, where is it located?  Where is it moving to?

 

 

Big thanks to Endurance Aventure, to my Club de Trail Le Coureur colleagues, to my daughters, to my school director, to journalists, to Christine, Martin, Andrew and Huway team, to parents and friends witch make, of all of those moments, a special timeline.  I don’t event need to watch tv; it’s all laid there;)!

Happy New Year!

 

Une réflexion sur « Le prolongement de la course – Running’s Lengthiness »

  1. Chère Isabelle! Toujours aussi inspirant te lire. J’ai l’impression de m’entendre, mais avec des années de plus d’expérience… Merci d’être cette voix! Joyeux temps des fêtes à toi et à tes filles! xxx

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