L’aventure – The Adventure

by isabellebernierconnexion

L’aventure – The Adventure
(English version below)
L’aventure est un secret qui parle à travers le coeur. C’est en y plongeant qu’on peut l’ouvrir. 

Quand on a vraiment l’impression qu’on ne sait pas, parfois, une étincelle s’éveille.  Et il est possible que dans l’ondée de celle-ci, un instant, on sache enfin…

Cette semaine, je me suis rendue au centre-ville de Montréal pour assister à un événement particulier, impliquant plusieurs femmes fort inspirantes, chacune incarnant l’aventurière, à sa façon. J’y ai senti mon coeur s’effeuiller avec les partages de chacune d’entre elles.  Il se passait quelque chose.  Tout en portant attention aux messages qui résonnaient dans la salle, je profitais du matelas d’escalade, belle plateforme pour me déposer comme ça me chantait, laissant de l’espace à mon esprit, qui essayait de comprendre ce qui était entrain de bouger à l’intérieur de moi.  C’était la veille de mon anniversaire, non loin de la nouvelle lune, alors j’ai envisagé la possibilité que ces données entrent en ligne de compte.  Les présentations se déroulaient de façon impeccable.  Elles faisaient sourire, osciller de la tête, éclater de rire, réfléchir et allumer, peut-être aussi, au sujet d’appels, d’intérêts, de passions.
Le temps venu de repartir, en chemin vers le stationnement, je discutais mon amie Chantale à propos des présentations. Je revoyais des images et des phrases qui m’avaient semblé évocatrices.  En relatant certaines phrases, je suivais, mentalement, la ligne qui me conduisais à d’autres impressions, aux ressentis.  Puis, j’ai vu passer, en plein centre-ville, quelque chose d’énorme (tellement que je ne voyais plus ma voiture…non, je plaisante)!  Je venais de revivre un moment déterminant. 

Cet instant où, l’automne dernier, je m’étais, en quelque sorte, réveillée intérieurement, assise toute seule sur une immense terrasse attenante à ma chambre d’hôtel, en Chine.  Peut-être avez-vous déjà lu mon billet de blogue à ce sujet- ou pas – mais l’important, c’est que j’y étais…pour quelques jours, le temps de vivre l’expérience d’une longue course.  Donc, calée dans ma chaise, sur la terrasse, dans un hôtel près de Jiangshang Station, dans un sud d’une Chine aux airs de campagne, entourée de montagnes, en octobre dernier, je me sentais dans un espace méditatif.  Précédé par une douzaine d’heures d’avion, quelque huit heures en voiture, une demi-journée de décalage horaire, des semaines de préparatifs, un accueil incroyable et une course de reconnaissance, cet espace avait une allure toute particulière.  Pas d’enfants, donc pas d’alerte-besoins en vue. Juste moi, là, entre deux journées.  Le paysage était magnifique.  Les pigeons aussi.  Un instant, je me suis sentie vide.  Puis, comme une immense marée, j’ai eu l’impression que mon coeur explosait.  C’était comme si une brèche venait de s’ouvrir et de  me ramener une grosse partie de moi: l’Isabelle-globe-trotter, celle que je croyais avoir éteinte.  Celle que j’avais laissé en plan, sur le bord de la route, entre le l’Outaouais et la Colombie Britannique.  Ou peut-être dans le Nord, en Abitibi, avec le harfang.  C’était si prenant que lorsqu’on m’a demandé, une fois rapatriée, ce que j’avais trouvé le plus difficile dans cette expérience, j’ai répondu “le retour”.  Pas la course, pas les cent douze kilomètres, les moments où je me suis égarée, la jungle dans laquelle je bougeais en néophyte ou le langage, que je saisissais dans l’expression du non verbal.  Non.  Le retour.  Juste ça.

La routine me semblait paradoxale alors que j’éprouvais l’envie profonde de faire partie du Monde, de me plonger dans ses cultures, d’être davantage témoin de tout ce qui le fait respirer.   De pouvoir fouler les terres qui se trouvent un peu partout, ici comme ailleurs.  Je ressentais une gratitude infinie pour l’expérience, pour l’aventure, pour l’éveil ainsi que pour les retrouvailles.  Mais je savais aussi que ce coeur me parlerait encore et qu’il était fort probable que je ne puisse plus le taire.
C’est avec cette énergie que je me suis retrouvée, cette semaine, fatiguée, mais heureuse d’avoir pu assister à un événement, accompagnée de mon amie, en plein Montréal.  L’aventure, le coeur, ce qui parle à l’âme, ce qui nourrit le corps, ce qui nous inspire et qui nous fait en demander encore.  C’est, en partie, ce qu’il m’a semblé pouvoir reconnaître dans les discours des femmes présentes ce soir-là.  Profond, faisant partie de tout ce qui compte, de la connexion.  Ce que certains appellent ancrage, amour de la vie, spiritualité ou autre.  Comme une toile qui se tisse, ses motifs étant reliés entre eux.  Un tout.
Une fois arrivée à bon port, j’ai dormi là-dessus, comme on dit.  Orford m’offrant sa montagne et sa paix, j’ai exploré en constatant qu’ici, la neige n’était pas encore prête à disparaître.  C’était magnifique.  Et, de surcroît, la journée de mon anniversaire.  J’avoue avoir légèrement souffert d’un manque de sommeil en bougeant, dans la trail, en matinée, mais je l’assumais.  J’avais déjà l’impression de recevoir plein de cadeaux: le sourire de mes enfants, la beauté de la forêt, le vent, la neige, tassée comme un muret qui refuse de s’écrouler, une visite chez une amie pour un soin,  un bon café latté, un chat qui ronronne et, s’affichant ponctuellement sur l’écran de mon téléphone, soigneusement caché dans ma poche, des voeux d’anniversaire.  À l’heure où j’écris, je ne les ai pas encore tous lus; la routine du soir, avec les enfants,  s’est achevée par un copieux repas et, tout près du feu de foyer, j’écris.
Toutes ces notifications, sur mon écran d’accueil, m’ont remuée.  Confidence: j’écris et je communique virtuellement avec le bouton “envoyer” ou “partager” depuis un moment, mais je ne sais jamais trop si ce que je laisse aller circule un petit peu, moyennement, beaucoup ou pas du tout.  En fait, comme je l’exprimais à quelqu’un récemment, je n’ai souvent aucune idée de la portée qu’ont mes publications ou mes messages.  J’écris et j’envoie parce que j’en ai besoin, parce que ça vibre et que ça brûle au-dedans, comme un feu dont la flamme éclaire.  Lorsque j’ai décidé d’utiliser une plateforme électronique pour écrire, je me suis dit que les mots et que ce qu’ils transportaient feraient leur chemin.  Comme les images.  Comme ce qu’on crée, de toutes sortes de façons, comme mes souliers, qui ont beaucoup voyagé.  Que, potentiellement, ça pourrait inspirer quelqu’un, quelque part.  Qu’il était possible que ça dérange ou qu’on y soit indifférent.  Ou enfin, qu’on me juge.  Une phrase que j’ai entendue, dans la bouche des femmes qui présentaient leurs projets et leur cheminement, à Montréal, dans l’espace attenant à la boutique Arc’teryx.  Une phrase immanquablement suivie de “Et alors, tout le monde s’en fout”!  Une motivation supplémentaire pour le faire, pour soi.  Parce que tout part de là.
En cette journée d’anniversaire, veille de la nouvelle lune du printemps, la lune de la neige scintillante, comme l’appelle la Nation Anishnabée, je me suis sentie entourée.  Les heures se sont assoupies, les unes après les autres, dans un climat de calme et de relative solitude, et pourtant, je me sentais pleine.  Je n’ai, physiquement, échangé qu’avec quelques personnes, mais la nature, les pensées, les sourires m’ont semblé transparaître de partout.  Et il s’est produit comme un déclic: j’ai vu défiler les airs solitaires, le coeur, l’ouverture.  J’avais l’impression d’entendre la solitude me dire que le coeur était son grand ami et l’ouverture, son complice.  Que le secret, en fait, résidait dans le fait d’ouvrir son coeur au monde.  Que la même solitude, toujours, était habitée.  À l’instar du coeur…et du monde.  Là, juste là, je me dis que l’ouverture, ça peut faire mal.  C’est une possibilité.  Ça arrive, quelquefois.
En même temps, l’instinct me fait signe, presque frénétiquement.  C’est une habitude qu’il a prise, depuis un certain temps.  Cet instinct, il me fait ressentir que le fait d’ouvrir son coeur au monde, c’est un cadeau.  Une bénédiction, si on veut.  Et je crois que, dans une grande proportion des cas, ça peut faire du bien.  Et ça peut surprendre.
…Parce que, quand on a vraiment l’impression qu’on ne sait pas, parfois, une étincelle s’éveille.  Et il est possible que dans l’ondée de celle-ci, un instant, on sache enfin…
C’est ça aussi, l’aventure.
Merci à toutes les femmes, à tous les hommes et à tous les enfants qui inspirent.
Merci pour vos voeux, pour vos lectures, pour vos partages.
Merci à The Lady Alliance, Women Who Explore, Caroline Côté et ses acolytes pour la tenue du Women Empowerment Tour, Actually, yes, I can.

Merci aux gens d’Arc’teryx pour votre accueil.

À nos espadrilles – et à nos skis encore un peu – maintenant.  Un trajet nous attend.

P.S.: Préparation en cours pour le long projet de cette année, soit le trajet de la Diagonale des Fous, à l’Ile de la Réunion. Pour me suivre et, si le coeur vous en dit, contribuer à ce rêve (C’en est tout un), suivez le lien: https://www.patreon.com/Isabellebernierdehors

The Adventure

Adventure is a talking secret, moving to and across the heart.  When diving in, we come to open it.
A sparkles wakes up, sometimes, when we’ve got the sensation of not knowing. And here is a possibility: in the flow, we might know, after all…
This week, I drove to Downtown Montreal to attend to a very special event, gathering inspiring women, each one one them speaking of adventure in her very own way.  I felt my heart loosen up as they were sharing about their experience.  Something was going on.  While paying attention to those echoing words, I enjoyed a mega size safety climbing mattress, nice space to land as I my spirit would make signs, trying  to understand what was moving in. On my birthday’s Eve by then, close to a new moon, I considered the eventuality that these facts would rather be a part of the explanation.  Talks were unfolding, perfectly synchronized.  They were bringing smiles to people, heads wobbling, laughter, lit up thoughts, attentive eyes called by existing interests and passions.
Fast enough, time to leave came around.  As walking to the parking lot, I was discussing with my friend Chantale about the talks. I could picture meaningful words and images along the way.  As I was bringing up some of the ideas shared earlier, I could envision the path leading to more impressions and feelings.  Then, in the middle of a crowded downtown, I could see, passing trough, something huge (so big that I couldn’t see my car…just joking)!  I’d just been reborn to a special and valuable moment.  This one bringing me back to Fall Season, in October, as I kind of woke up, sitting on my own, on an hotel room’s huge terrace, right next door to the room I had been given for few days, in China.  You’ve maybe read – or not – already, what I previously wrote about that experience, but what really matter is that I had the opportunity to be there, far way, for a couple of days or just the time to take the start and run a long race.  So, sitting in my chair, on this terrace, in an hotel close to Jiangshang Station, in a countryside South China, surrounded by mountains, last October, I felt in a meditative space.  Preceded by about twelve hours on a plane, eight hours in a car, half of a day of time lag, weeks to get ready, unbelievable greetings and a before race land discovery, this space had a very special consistence.  Out of children, so no need-alert on the spot.  Only me, there, in between two days.  Landscape and the view were gorgeous.  Birds too.  For a tiny moment, I felt sort of empty.  Then, as a huge tide coming right to  and through me, I felt like my heart could explode.  As if a breach, a gap just opened and brought me back a pretty considerable part of me: the globe-trotting Isabelle, the one I thought I had put asleep for so long.  The one I had let down, along the way, between Outaouais and British Columbia.  Or maybe in the North, in Abitibi, with the snowy owl.  It was so important to me that when I came back to Canada, being asked what was the hardest part for me, I spontaneously answered “being back here”.  Not the race, not the hundred and twelve km, the moments where I got lost, the jungle I was moving in as a newby and not the langage, which I was trying to understand observing non verbal key signs.  No.  Being back.  Only.
Routine would appear to me as paradoxal as I felt a very deep willingness to be part of the World, to dive in its cultures, to witness, way more, all that made it breath.  To be able to put my feet on various grounds, here as elsewhere.  I felt and infinite gratitude for the experience, pour the adventure, for waking up and for meeting back up with my kids, friends and supporters.  But I also knew that my heart would keep talking to me and that I might not be able to make it silent anymore.
And with this energy, tired, I came around the corner, this week, happy for the fact that I’d made it to an event, accompanied by my friend, in the heart of Montreal. The adventure, the center piece, what speaks to souls, feeds bodies,  what inspires us and makes us go for more. It is partly what I think was perceptible in every women’s talk that night.  Profound, being part of all that matters, really, of connexion.  What some call “ground”, “roots”, love for Life, spirituality or else.  As a weaving web, patterns connected one to another.  Something being Whole.  A complete piece.
As I came back to my hometown, I went asleep with all that.  Orford offering me its mountain and its peace, I explored, noting that here, snow was not about to disappear.  It was magnificent.  Thus, being my Birthday.I confess that I could feel a little lack of sleep as I was running in the trails, morning time, but I choose to go with it.  I had already the feeling of receiving gifts from everywhere: my two kids’s smile, the beauty of the forest, the wind, the snow, tossed like a dike refusing to fall down, a meet up at a friend’s place for a consultation, a great latte, a purring cat and, promptly showing up on my phone, hiding in my pocket, Birthday wishes.  As I am writing this, I haven’t read all of them; evening kids routine went by with a hearty meal and, close to the fire pit, I’m writing.
All those notifications, showing up on my phone screen’s, moved me.  Confidence: I’ve been virtually writing and communicating for a while, pressing on “send” or “share” buttons, but I never really know if what I let go makes a short, medium, long or absolutely no way on the web. In fact, as I was recently telling someone, I often have no idea of the designed pathway of my ideas and thoughts after I sent them.  I’m writing and sharing because I feel it, because I need to do so, because it makes noise and seems to ask me to do so, light a lighting candle or flame.  When I chose to use a web platform to write, I told myself that words carried there would make their way as images would.  As what we create, in all sorts of ways, as my shoes, which has traveled quite a lot.  That, potentially, it could inspire someone, somewhere.  That it might possibly annoy someone or make people indifferent, not caring at all.   Or else, that someone could judge me.  A sentence I heard, in about every women’s mouth, talking about their project and their pathway, in Montreal, sitting on a mat in Arc’teryx boutique’s space.  A sentence followed, in all cases, by “…and so what?  Nobody really cares about it anyway”.  A valuable motivation to do it, for oneself.  Because everything starts from that point.
On this Birthday day, Spring’s New moon’s Eve, the Glowing Snow Moon, as Anishnabe Nation calls it, I felt surrounded.  Grateful.  Hours went bym falling asleep one after another, in a calm and relative solely atmosphere, however, I felt whole.  I had physically been talking with few people, but Nature, thoughts, smiles seem to appear and wave to me all around.  And there came an answer:  I saw, passing through, solely vibes, heart, openings.  It was like I could hear Solitude telling me that Heart was her great friend and Opening, its partner in crime.  That their secret was really, laying in the willingness to open our very own heart to the World.  That the same Solitude was, always, whole in itself…as was the Heart… and the World.  There, right there, I told myself that opening could be harmful.  It is an eventuality.  It happens, sometimes.
At the same time, Instinct is madly waving its hand.  It’s been an habit for quite a while.  This Instinct makes me feel that opening my heart to the World could also been considered as a gift.  A blessing.  And, in most cases, I believe that it can present itself as a great opportunity.  And Maybe could it be surprising.
…Because  a sparkles wakes up, sometimes, when we’ve got the sensation of not knowing. And here is a possibility: in the flow, we might know, after all…
There also goes adventure.
Thanks to all those beautiful Women, all those amazing Men, all those magic kids inspire all over the place.
Thanks for your Birthday wishes, for your readings, for your sharing.
Thaks to The Lady Alliance, Women Who Explore, Caroline Côté and her acolytes for taking place in a space like the Women Empowering Tour, Actually Yes, I can.

Thanks to Arc’teryx people for welcoming us.

Let’s get back to our running shoes – and our skis, for some little more – now.  A pathway is awaiting for us.

P.S.: Preparation on the way for the longuest running project of the season, the Diagonale des Fous, on Réunion Island. To follow me and help me realize this dream ( it is, really), go to the link below: https://www.patreon.com/Isabellebernierdehors