La santé, c’est aussi mental – It Matters: Mental Health

by isabellebernierconnexion

La santé, c’est aussi mental

Au milieu de la route, hier soir, j’ai trouvé une perdrix qui semblait hypothéquée.  Je l’ai prise dans mes bras, comme un bébé, en vérifiant de quoi avait l’air sa respiration.  Elle ouvrait la bouche, mais elle ne bougeait pas.  Je sentais bien que ça n’allait pas…Elle a rendu son dernier souffle tout près de moi, le cou cassé, comme si la nature était pressée de la reprendre…mais j’avoue qu’hier soir, j’aurais voulu la sauver.  Parce qu’on était le trente avril et peut-être un peu aussi parce que c’était le jour de l’anniversaire du décès de mon frère.  Il avait aussi abîmé son cou.  Ça m’a remuée.

 

Jessica Lange, courir pour une cause

J’ai pris le temps de lire et d’écouter, cette semaine, les articles et les entrevues qui parlent de santé mentale, de ce projet qu’entreprendra Jessica, le matin du vingt mai prochain, pour la cause, pour remettre à cette fondation, qui oeuvre dans la recherche en santé mentale (Fondation Cervo).  Je constate, au fil des années, que c’est encore un sujet un peu tabou et ce, pour plusieurs.  Même dans le domaine du sport où l’on bénéficie pourtant à y porter une attention toute particulière.  Jessica a choisi de courir vingt-six marathon en vingt-six jours pour ramasser des fonds, oui, mais aussi pour tisser ce fil qui relie les gens, celui qui nous interpelle.  Parce que nous sommes nombreux à être concernés, plus qu’on ne le croit, en fait.  En partant d’une volonté de contribuer et d’aider son frère, entre autres, elle fait le pont avec ce frère ou cette soeur que tu as peut-être, toi.  Avec ton père, ta mère, ton oncle, ta tante…qui sait?

Ceux qui ont vécu ou qui sont encore aux prises avec une problématique en santé mentale sont nombreux.  Certains ne le savent pas.  On peut la considérer comme une étiquette, si on veut, mais je crois qu’on ne peut passer sous silence l’ampleur de la situation.  Au Québec, le nombre de personnes concernée est effarant.  Et ça s’étend partout, en particulier là où l’on oublie d’apprendre à se connaître, à prendre soin de soi, dans ces milieux où l’on oublie de prendre le temps de vivre.  De se donner le droit d’exister, même, parfois.  Et que dire de l’idée d’être heureux?! Cela peut s’avérer être tout un défi, parfois, en fonction de nos choix et de nos réalités.  Réapprendre.  Redécouvrir.  S’exprimer.  Se donner le droit.

Je l’ai déjà écrit: l’anorexie, la dépression et l’anxiété ont fait partie de mon parcours. Je proviens aussi d’une famille où les difficultés en santé mentale, quand j’y réfléchis, étaient un peu comme la varicelle: j’en ai vu plusieurs plonger, partir, se déchirer.  Certains sont revenus et d’autres ne reviendront pas, comme tous les québécois qui font maintenant le choix de mettre fin à leurs jours.  On parle, en effet, d’une personne sur trois qui, chaque jour, fait ce choix dans notre belle province.  Et il existe tellement d’autres problématique desquelles on commence à peine à parler plus ouvertement.  Que ce soit passager ou qu’il s’agisse d’une situation, d’un état qui s’échelonne sur une plus longue période, je crois qu’il est toujours important, voir primordial, d’en prendre soin.  Un jour, on en rira peut-être, mais ce que je perçois, dans le moment, se présente comme un “wake up call”, un appel à ouvrir davantage les yeux.  Et quand on le fait, c’est percutant.

La course

Ne serait-ce que dans ces lieux, ces moments où l’on s’interroge sur ce que l’on ressent, ce qui bouge en-dedans et que l’on arrive pas toujours à s’expliquer.  La Clinique du Coureur communiquait, cette semaine, à propos du syndrome dépressif qui suit parfois/souvent une course, une épreuve à laquelle on se sera consacré.  Ce sont des sensations qui varient d’une personne à l’autre, mais je crois pouvoir écrire que nombreux sont les coureurs qui ont pu ressentir une forme de vide quelques jours et parfois quelques semaines après une épreuve.  Parce que c’est hormonal.  Parce que l’adrénaline fini toujours par retomber et qu’on se donne à 100%, physiquement, mentalement et émotionnellement lorsqu’on embarque dans une aventure comme celle-là.  Je crois qu’il faut en être conscient.  Dans mon cas, ça veut dire prendre mes vitamines, mes suppléments, bien manger, bien dormir et me permettre de relaxer aussi, point sur lequel je suis souvent prise en défaut.  J’apprends.  Je travaille à remodeler ma vie, mon quotidien.  C’est aussi à ça que sert l’aventure, peu importe le domaine dans lequel on s’y propulse.  À mes yeux, bouger change les vie.  Il pourra s’agir d’une activité, d’un besoin ou d’une passion qui sont propres à chacun.  Moi, je sais que j’ai besoin de courir.  Même si, pour certains, ça parait fou.  Parce que j’aime courir longtemps.  Parce que j’aime cet espace où je me donne le droit d’être dans l’instant, où je me donne le droit d’être moi-même, juste ça.  Je me sens reliée à la vie.

 

L’extra

« Mais les motivations profondes qui nous poussent à atteindre de grands objectifs sont souvent imperceptibles, même par nous-mêmes, au moment du départ. Car c’est en route vers l’accomplissement de sa volonté que l’on explore et découvre des aspects de soi-même jusque là insoupçonnés, et qui sont mis à l’épreuve autant en relation avec soi-même qu’avec les autres. (…) C’est le chemin qui mène au sommet qui nous permet de nous élever en tant qu’humains. (..) Pour que la victoire existe, il faut que la possibilité de perdre la partie soit présente ».
Mylène Paquette

 

À toute personne qui en ressent l’élan: puisses-tu t’octroyer le bonheur de continuer d’avancer pour que des petites victoires, puis des grandes se dressent, avec toi, sur ton parcours.  Parce qu’il y a toujours, quelque part, cette lumière à laquelle tu aspires.  Ce bonheur dont tu rêves et qui semble peut-être t’échapper lorsque l’effort, l’émotion et la douleur soufflent. Parce que l’été reviendra toujours.

Avec amour

 

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Tatouage: Diane Roy, Jean-François et Émilie

ENGLISH VERSION

Health as a Mental Concern

Last night, in the middle of the road, I found a seemingly harmed partridge.  I took her under my arm, like a baby, being careful and listening to sounds or gestures which could reveal breathing.  It’s beak opened up, but it wasn’t moving.  I could feel something was wrong.  Eventually, the partridge offered its last breath with a broken neck, close to me, as if nature would be in a hurry to have it back…but I must admit that last night, I would have appreciated to be able to save it.  Because we were on April 30th and maybe also because it was the anniversary of my brother’s death.  He had also damaged his neck.  It moved me.

 

Jessica Lange, Running for a Cause

This week, I spent time reading and listening articles and interviews on mental health’s topic, about that project Jessica is soon going to run for, on May 20th, for a cause, to offer donations to a foundation, researching for mental health (Fondation Cervo).  As years go by, I consider this subject as some sort of  taboo to the eye of a lot of people.  Even in the sports field, where it’s really important to pay attention to it.  Jessica chose to run twenty-six marathons in twenty-six days to raise money for the cause, yes, but it also has a side effect, which I see as a way to connect everyone to the other and reaching the knot that speaks to us all.  Because we are quite a number of people concerned , more than we used to think, I guess. Starting with a strong will to help her brother and to contribute, among other things, she might be opening the door to this brother or this sister of your own.  To your mom, your das, your aunt or your uncle…who knows?

Those who experienced something like it, in the past, or those going through it at the moment are numerous.  Some of them aren’t aware of it yet.  We can tag it and make it as a strange branding name, but however we deal with it, I think we cannot bypass the situation or make as it if wasn’t an actual reality nowadays.  In Quebec province, the number of concerned persons is alarming.  And it’s growing everywhere, particularly in those spaces where we forget to get to know ourselves, to take care of our bodies, hearts and souls, where we might also eventually forget to take the time to live, for real.  To give ourselves the right to be here, to take place, to ground.  And what could we add concerning happiness?  It could represent such a challenge, sometimes, depending on our choices and realities.  Relearn. Rediscover.  Express ourselves.  Give ourselves the right to…

 

I already wrote it: anorexia, depression and anxiety have been part of my path.  As I think about it, I can see that I come from a family where difficulties related to mental health concerns were like chicken pox: I saw many diving in, going away, tear up themselves…Some came back and others will never be, as those many Quebec people (and around the world) choosing to end their earthly pathway somewhere between here and there.  We’re talking about one on three person, every day, who chooses to let go of life in our little province.  And there are so many other issues on the track, and we just start to talk in a more opened way about them.  Whether it is for a temporary moment or whether it goes along and stretches out in time, I think it’s always important to take care of it.  We might laugh about it one day, but what I can observe now is that we’re extending some sort of wake up call, some of us manifesting that it could be quite something to open our eyes and see.  And I am convinced that, once we do so, it’s crushing…

 

The Run

Wouldn’t it be in those places, in those moments we are wondering about what we feel, what is moving inside and what we’re not able to explain ourselves yet.  Earlier this week, The Running Clinic was sharing about the depressive syndrome which is sometimes taking over after a running event, a a challenge a great amount of energy had been put into.  These are sensations which vary from one person to the other, but I think I can write that many runners have felt those sensations, like some sort of emptiness, going from few days to weeks after the event.  Because it involves hormones.  Because adrenaline always makes it way to the end when we give all we have physically, mentally and emotionally, to an adventure like one of these.  It is part of the game.  In my case, it means being steady with healthy habits, good food, vitamins, supplements, good sleep and relaxing time…last points for which I’m sometimes loosing it. I am learning.  I work on about shaping everyday’s life better.  It is also what adventure speaks of, whatever the area we’re working in, propelling ourselves.  In my eyes, moving changes lives.  It could talk of an activity, a need or a passion that speaks to someone.  I know I need to run.  Even if for some people, it looks strange.  Because I love to run for hours.  Because I love this space where I give myself the right to be in the moment, where I give myself the right to be me. Only.  I feel connected to life.

 

The Extra

“But profound motivations pushing us to reach big goals are, quite often, imperceptibles, even by ourselves, at the time we begin or start something somewhere.  It’s on the way to the accomplishment of our will that we explore and discover aspects of oneself, unconscious until then, put on the table, like trial, weaving relations with ourselves as with others. (…)  It is the path that leads to the summit that elevates us as human beings.  (…) As for victory to exist, to have its space, the possibility to loose the game has to be there too”.

Mylène Paquette

(Free translation, Isabelle)

 

To everyone feeling something or somehow like it: may you offer yourself the joy and happiness to keep going, forward, so that small victories first, an then bigger ones come your way.  Because there is always, somewhere, this light you’re wishing for.  This happiness you’re dreaming about and that seems to hide when effort, emotions and pain are blowing.  Because Summer will always be back.

With Love

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