Sur une crête étroite

« On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d’aller de l’avant tout en gardant la mémoire de sa blessure. Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité. Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu’à éviter de trop s’en protéger ».

Boris Cyrulnik

De chair et d’âme (2006)

 

Les passants baissent les yeux, le visage figé, les lèvres neutres. J’ai croisé, en pleine forêt, une ou deux grandes familles et des amis bien distancés. Nous ne sommes pas à proximité de la ville, mais la tension se fait sentir. L’air, pourtant vivifiant, ne semble toucher les peaux qu’avec un peu de recul, alors que le temps passe.

On respire parce que les minutes sont précieuses. Parce qu’on a un moment et une santé pour faire un tour, entre deux soubresauts de travail ou de connexion internet. Je pense à tous ces gens qui ont vécu une grande partie de leur vie (peut-être leur vie entière) dans l’isolement, la solitude, la souffrance, la maladie, avec le stress, l’anxiété et/ou dans la peur. Il y en a pour qui cette réalité n’a rien de nouveau quant aux sensations qu’elle éveille. Quant à ce qu’elle soulève. Pour certains, c’est un choc. Comme un marteau qui s’affaisse alors qu’on ne l’avait pas prévu. Comme un arbre qui s’effrite quand on le croyait presque immortel. Le mouvement de masse amplifie la situation, pour le meilleur et pour le pire…

En période d’incertitude, on se demande comment concevoir le fait de résider dans ce genre de situation de façon indéterminée. Comment y entrer et en ressortir? On peut toujours s’évader, ne serait-ce que par la pensée, avec la force de l’esprit (ce qu’on appelle « le mental »). En profiter, surtout, pour cultiver la paix. Pour soi. En soi. Peut-être éveiller l’équilibre alors qu’il peut sembler, à prime abord, brisé. Il existe des peuplades de réflexions qui effleurent, qui visitent, qui transpercent.

On s’observe, à distance.

On nidifie.

On cultive l’espérance.

Et, dans la foulée, on commence à parler de solidarité.

Ici, maintenant, dans quelques mois, dans quelques années aussi, je l’espère. Parce qu’on a tous besoin de ces regards remplis d’ouverture, de franchise et de volonté d’aider l’autre, de contribuer, de grandir.

Entre les deux, je me suis fait la promesse, au gré de mes allers-retours au travail et des bourrées d’oxygénation au grand air, de continuer à sourire à ceux et à celles dont le regard croisera le mien. Enfin, s’il advenait que la routine me confine au hameau familial, je ferai de mon mieux pour faire naviguer les sourires sur les fils invisibles. Pour moi, pour nous. Histoire qu’on se voit un peu, en vrai ou en ondes.

Inner peace

#solidarité

#lacliniqueducoureur

#healthyrebeltribe

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