Être soi-même

Oser être soi pour avancer en adéquation avec les réalités qui sont perchées, ancrées, déposées, peut-être, un peu partout sur nos planètes.

Être soi-même, out of the box, comme on le dit si bien chez nous, c’est accepter que les cadres, les étiquettes qui sont les culturellement et socialement les nôtres risquent de ne pas correspondre à celui ou celle que nous sommes. Que nous sommes vraiment.

Les rôles que nous jouons et les fonctions que nous exerçons nous composent. Sans eux, nous existons, simplement et peut-être de façon plus tangible, contrairement à ce qu’il nous est donné de croire. On peut reconnaître des parties de ce que nous sommes à travers les autres, mais il n’existera toujours qu’un seul être humain, parmi des milliards, constitué comme nous le sommes, habitant des mystères dont nous ne saurons peut-être rien, des facultés, des aptitudes, une propension à développer l’être au-delà de la conception que nous en avons. Nous observons, nous imitons pour tranquillement construire notre unicité, notre oeuvre. La construire ou la reconnaître, puisqu’elle semble avoir toujours été.

Notre environnement, nos expériences et nos choix contribuent à déterminer qui nous sommes aux yeux des autres, et bien souvent, à nos propres yeux. Parfois, les cases semblent plus faciles à cocher. Parfois encore, la façon dont nous nous sommes construits, les cordes à nos arcs, nos réalités, nos identités ne cadrent pas, ne collent pas. Apprendre à se connaître et accueillir l’être que nous sommes n’est possible qu’en plongeant au coeur de soi, en se permettant de découvrir et de dévoiler ce que nous sommes prêts à partager. À sa façon, chaque personne fera des pas dans cette direction. On peut ainsi être témoin et s’émerveiller de l’audace avec laquelle certains osent offrir au monde une partie du cadeau de leur unicité. L’exposer simplement, la rendre spectaculaire, en faire le flambeau qui éclaire un ou des milliers, voire des millions de chemins. Il nous appartient d’être à l’écoute pour nous inspirer, peut-être, de ceux et de celles qui osent. Pour reconnaître la lumière qui est la nôtre.

Oser être soi pour avancer en adéquation avec les réalités qui sont perchées, ancrées, déposées, peut-être, un peu partout sur nos planètes. En posant un regard bienveillant sur soi, sur l’autre, il est possible que ceux et celles qui suivront se donnent la permission d’en faire de même.

Règle générale, les exigences ne sont pas négociables. Qu’en est-il de l’être? Nous nous adaptons, nous nous camouflons, nous nous fondons. Et nous en retirons quelques bénéfices, assurément, puisqu’on peut considérer cette propension à agir de la sorte comme des qualités ou des attitudes primées dans les milieux où nous évoluons. Et si nous étions pleinement nous-mêmes, en faisant fi de la peur du jugement, en choisissant de nous incarner complètement, en nous ancrant dans cette présence qui ne peut être que la nôtre? Qu’apporterions-nous au monde? Que serions-nous en mesure de cultiver et de faire grandir pour contribuer aux univers que nous peuplons? Que risquerions-nous de perdre? De gagner?

Sortir de sa zone de confort est un terme populaire. Et si, en fait, il s’agissait plutôt d’entrer pleinement, dans l’ouverture, en soi-même pour que se dissolve la zone, le cadre, l’étiquette correspondant à ce confort? Ce faisant, peut-être nous sentirions-nous reliés.es autrement, connectés.es au flot vibratoire, le flow, cet espace où il est possible d’observer, de ressentir qu’en fait, malgré les milliards de profils différents, en vertu de nos milliards d’unicités, nous nous complétons. Être connecté.e, se relier au monde, c’est respirer la vie. C’est aussi créer.

Out of the box

Comme la nature

La nature sauvage

« La véritable appartenance ne se résume cependant pas à un dos fort et un devant doux. Une fois que nous avons trouvé le courage de rester seuls, de dire ce que nous croyons et de faire ce qui nous semble juste malgré les critiques et la peur, nous pouvons quitter la nature sauvage, mais la nature sauvage a marqué nos coeurs. Cela ne signifie pas que vivre sa nature sauvage n’est plus difficile, mais qu’une fois que nous l’aurons bravée seuls, nous serons douloureusement conscients de nos choix pour l’avenir. Nous pouvons passer toute notre vie à nous trahir et à rester seuls. Mais une fois que nous nous sommes défendus et que nous avons défendu nos convictions, la barre est plus haute. » (Brené Brown, traduction libre)

La sensibilité / Sensitivity

Prendre le pouls de sa sensibilité pour y laisser atterrir sa présence et respirer ce qui a besoin de faire son chemin avant d’émerger, de se couler dans la terre, de s’ancrer ou peut-être encore de s’envoler.

Souligner la valeur d’un moment qui n’existe qu’une fois, en de multiples dimensions, et croire qu’on peut lui offrir la dignité, le respect et l’attention qu’il mérite pour qu’il soit, tout simplement, avec soi.

Peu importent les croyances, peu importent les absences ou les divergences

Tracer une voie, dans la simplicité, et cultiver son jardin intérieur pour, peut-être, donner naissance à la reconstruction de celui qui nous entoure, de tous ces petits et plus vastes mondes qui attendent une conscience à laquelle nous ne nous sentons pas toujours reliés.

En saisir l’occasion, c’est aussi se poser. Ne serait-ce que pour l’un de ces instants. Les modalités nous permettant de développer nos aptitudes en ce sens semblent s’être multipliées au cours des dernières décennies, alors que nombre d’entre elles existaient déjà, dans un espace de secret relatif. Peut-être ne nous paraissent-elles que plus accessibles maintenant qu’il y a cent, deux cent ou même mille ans. Nos voies de communication en ont facilité l’accès. Tout comme les bouleversements, qui nous remuent parfois au point de considérer, comme on le ferait en cas de crise, de traumatisme, de passage, des avenues que nous n’emprunterions pas à première vue.

Il y a plus de vingt ans, j’ai plongé: des arts visuels au Falun Dafa (image) en tendant la perche vers le QI Gong, du Reiki aux Kirtans dans un ashram, en passant par la méditation pleine conscience, la respiration, le travail de vision et de connexion, pour renouer avec la danse, la course, etc. L’ultime source de rappel à la vie, en ce qui me concerne, demeure la nature, l’environnement sauvage, le calme des espaces où la conversation se fait autrement. C’est en partie ce qui m’a permis de reprendre le fil d’une conversation avec cette vie, de communiquer au-delà des silences, d’étendre ce désir que j’ai de dire, de faire lumière, d’encourager la clarté, l’authenticité, la transparence. Oui, il arrive que ce soit inconfortable. Oui, ça peut déranger. Des portes se ferment, d’autres s’ouvrent et les coins d’ombre propices à dissimuler disparaissent peu à peu. Soit.

Choisir de vivre, à mes yeux, implique de s’habiter pleinement pour soi-même, d’apprendre à grandir avec chaque rite de passage, de faire amende honorable, en toute humilité. Choisir de vivre, c’est faire l’offrande de soi au monde, à sa façon, afin que nous puissions construire encore. Prendre soin, générer la communication, prendre conscience de nos jugements, développer, faire face aux tabous, entendre et écouter, accueillir, être, aussi pleinement que possible en la circonstance.

Je tomberai, nous tomberons encore.

Et nous nous relèverons. Dans mon imagination, avec des racines, avec des ailes, pour témoigner à notre monde la gratitude d’exister dont il nous a fait cadeau. Dans mon imagination, le cœur grand ouvert et les yeux empreints de cette profondeur qui nous permet de naviguer plus loin.

Ici, ailleurs

Abitibi, à 27 ans, photo: J. Audy

To take the pulse of our sensitivity in order to let a presence land there and breathe in what needs to make its way before emerging, to sink into the earth, to ground with it or perhaps to fly away.

To underline the value of a moment that exists only once, in multiple dimensions, and to believe that we can offer it the dignity, the respect and the attention it deserves so that it is, quite simply, with us.

No matter the beliefs, no matter the absence or divergence of them

To trace a path, in simplicity, and to cultivate our inner garden in order, perhaps, to give birth to the reconstruction of that which surrounds us, of all those small and larger worlds awaiting a consciousness to which we do not always feel connected.

Seizing the opportunity is also about taking a break. If only for a glimpse, a tiny bit of these moments. The modalities allowing us to develop our aptitudes in this regard seem to have multiplied during the last decades, whereas many of them already existed, in a space of relative secrecy. Perhaps they only appear as more accessible to us now than a hundred, two hundred or even a thousand years ago. Our means of communication have facilitated their access. Just like the upheavals, which sometimes move us to the point of considering, as one would in the case of a crisis, a trauma, a passage, avenues that we would not take at first sight.

Over twenty years ago, I dove from visual arts to Falun Dafa (image) to QI Gong, from Reiki to Kirtans in an ashram, to mindfulness meditation, to breathing practices, vision and connection work, dance, running, etc. The ultimate reminder of life, as far as I’m concerned, remains nature, the wilderness, the quiet of spaces where conversation happens differently. This is part of what has allowed me to pick up the thread of a conversation with this life, to communicate beyond the silences, to expand this desire I have to say, to shed light, to encourage clarity, authenticity, transparency. Yes, it can be uncomfortable. Yes, it can be disturbing. Doors close, others open and the shadowy corners that are conducive to concealment disappear, little by little. So be it.

As I see it, choosing to live, implies living fully for oneself, learning to grow with each rite of passage, making amends, with humility. To choose to live is to offer ourselves to the world, in our very own way, so that we can build again. To care, engage communication, become aware of our judgments, develop, face taboos, hear and listen, welcome, be, as fully as possible in the circumstance.

I will fall, we will fall again.

And we will rise, somehow, too. In my imagination, with roots, with wings, to show our world the gratitude for having been given a life to grow. In my imagination, with our hearts wide open and our eyes filled with the depth that allows us to sail further.

Here and everywhere else

L’émerveillement / Wonder

« If I had influence with the good fairy who is supposed to preside over the christening of all children, I should ask that her gift to each child in the world be a sense of wonder so indestructible that it would last throughout life, as an unfailing antidote against the boredom and disanchentments of later years, the sterile preoccupation with things that are artificial, the alienation from the sources of our strength. »

« Si j’avais de l’influence auprès de la bonne fée qui est censée présider au baptême de tous les enfants, je demanderais que son cadeau à chaque enfant du monde soit un sens de l’émerveillement si indestructible qu’il durerait toute la vie, comme un antidote infaillible contre l’ennui et les désenchantements des dernières années, la préoccupation stérile pour les choses artificielles, l’aliénation des sources de notre force. » Rachel Carson, Le sens de l’émerveillement… »

Rachel Carson, The Sense of Wonder…Free translation

Chaque seconde est remplie d’opportunités de s’éveiller à l’émerveillement qui papillonne sur la planète comme ailleurs. Un nombre incalculable de chemins, de destinations et de scénarios susceptibles de se manifester pour chacun et chacune d’entre nous. Toutes les voies, toutes les avenues ont leur propre teinte et se tiennent prêtes à nous proposer ce périple qui pourrait nôtre. Une multitude de souffles, de soupirs, de respirations qui s’étendent d’un monde à l’autre nous traversent, nous remplissent et nous inspirent, peut-être, pour nous donner le courage d’y ouvrir les yeux, l’audace de les saisir, le délice de les découvrir. Nous n’inventons pas ce qui se trame, à mon avis, mais répondons simplement à ce qui est là, quelque part, dans l’univers.

Y prêter attention, redessiner la vie et construire à nouveau, c’est nourrir l’ouverture, donner à l’émerveillement le droit d’habiter chacune de nos cellules, de les faire renaître un peu – ou beaucoup – mieux, de les voir fleurir jusqu’à ce que vibrent nos corps. Marcher avec la sensation de s’habiter, de s’appartenir pleinement pour ainsi redonner à l’autre, à l’ailleurs, un soupçon de cette lumière, de cette magie qui pourra, elle aussi, être décuplée au contact de tout ce qui vit. De ce qui existe.

Un instant comme une éternité pour laisser naître un sourire

Des idées en parapluie, des étreintes douces et fortes à la fois

Une chaleur qui se dégage comme une onde perceptible à des mille à la ronde

Un ciel qui s’éclaircit, habillé de flocons dont les formes brillent et pétillent

Des regards remplis de sollicitude, de présence, de velours

Un toucher humain, franc, sécurisant

Fébrile, peut-être, mais plein, plein de vie, plein de soi, plein de l’autre

Dessiner un passage, entre les rives

Souhaiter

S’émerveiller en donnant le droit à nos magies de prendre le relais là où la réflexion s’endort

Lui chanter une berceuse en murmurant pour qu’elle grandisse, à son réveil, avec la force et la fragilité de tous les possibles

Imaginer le beau, le bon, le vrai pour soi, en écho à l’autre

Et relier les mots, nouvelles trajectoires, pour visiter les mondes.

Every second is filled with opportunities to awaken to the wonder that exists on and off the planet. Countless paths, destinations and scenarios to unveil for each and every one of us. All paths, all avenues possess a unique imprint and move around, ready to propose to us a journey, maybe ours. A multitude of breaths, sighs, and movements stretching from a world to another a crossing our way, fill us and inspire us, perhaps, to give us the courage to open our eyes, the audacity to seize them, the delight to discover. We’re no author of what is going on here, in my opinion, but simply responding to what is out there, somewhere, in the universe.

Opening our eyes, redrawing life and building again, is to nourish openness, to give wonder the right to inhabit every one of our own cells, to make them come a little – or a lot – better alive, to see them bloom until our bodies vibrate. To walk with the sensation of inhabiting ourselves, fully belonging to ourselves, in order to give back to the other, to everything, a hint of this light, of this magic meant to be tenfold multiplied to the contact of every living thing. Every single existing matter.

A moment like an eternity to let a smile be born

Umbrella ideas, soft and strong hugs at the same time

Emerging warmths like a wave, perceptible from a mile away

A clearer sky, dressed in flakes whose shapes shine and sparkle

Looks filled with solicitude, presence, velvet alike

A human, frank, reassuring touch

Febrile, perhaps, but full, full of life, full of self, full of the other

Drawing a passage, between the shores

Wishing

Wondering by allowing our magics to take over where thinking falls asleep

Sing a lullaby in a whisper so that when it wakes, it will grow up with the strength and fragility of all possibilities

Imagine the beautiful, the good, the true for oneself, echoing the other

And connect words, new trajectories, to visit multiple worlds.

Le mystère / The Mystery

Le mystère nous habite et il fait partie de ces dimensions que nous n’arrivons pas toujours ou pas nécessairement à expliquer. C’est une porte ouverte sur l’avenir, à tous les temps, un passage. Une source d’orientations, de voies, de choix dont on peut s’inspirer. Un souffle. Un regard qui dépasse, de loin, ce que qui est perceptible à première vue, ce que nous pourrions juger valide, ce qui nous rend perplexe ou qui nous effraie.

Grand mystère

Mystère de tous les temps

Mystère à toutes les directions

Son existence en elle-même fait mûrir nos sens, notre habileté à habiter cet espace-temps, à nous habiter. Ressentir que l’on appartient à la vie comme on navigue sur le fleuve du mystère. Y être, simplement, et prendre conscience de la vastitude. Tendre la main vers un inconnu qui nous interpelle, non pas parce qu’il défie notre existence ou nos croyances, mais simplement parce qu’il résonne pour nous. Pour soi

Emprunter à la vie une branche ou une racine pour mieux retrouver la sienne lorsque c’est nécessaire et accepter d’enfouir les graines qui auront besoin d’un peu de temps, de patience, de douceur et d’amour pour germer avant d’éclore et de s’épanouir. Arroser. Respirer. Prier, y croire. S’étirer, plisser puis ouvrir tout grand les yeux pour observer, pour témoigner du mystère qui est le nôtre. Mystique. Réel. Profond

Encore

« Une partie de la psyché spirituelle forge une relation avec le mystique – le mystère, qui pourtant est encore inconnu et non reconnaissable. Le mysticisme a été décrit comme étant à la fois ineffable en raison de l’inaptitude à capturer l’expérience dans le langage ordinaire, comme ayant une qualité noétique.

Les expériences mystiques révèlent des connaissances inaccessibles ou cachées. Une certaine dimension de ce qu’on appelle les expériences mystiques concerne ce travail quotidien et dynamique de la conscience – être engagé dans cette relation mystérieuse avec l’inconscient, y compris et surtout pour l’expérience mystique, tant au niveau collectif que transpersonnel. Je ne crois pas que cela n’arrive qu’aux personnes spéciales ou aux soi-disant mystiques; tout le monde peut y avoir accès. C’est la nature de l’esprit : il existe afin que tous reçoivent et donnent lorsqu’ils s’y ouvrent.  » (Traduction libre)

Mystery inhabits us, and it is one of those dimensions we cannot always or necessarily explain. It’s a doorway to the future, to all times, a passageway. A source of orientations, of paths, of choices from which we can draw inspiration. A breath of fresh air. A look that goes far beyond what is perceptible at first sight, what we might deem valid, what perplexes us or scares us.

Great mystery

Mystery of all time

Mystery to all directions

Its existence in itself ripens our senses, our ability to inhabit this space-time, to inhabit ourselves. To feel that we belong to life as we navigate the river of mystery. To be there, simply, and to become aware of the vastness. Reaching out to an unknown that challenges us, not because it defies our existence or our beliefs, but simply because it resonates for us. For ourselves

And then borrow from life a branch or a root to better find our own when necessary and accept to bury the seeds that will need a little time, patience, gentleness and love to germinate before they bloom and flourish. To water. To breathe. Pray, believe. Stretch, squint and then wide open our eyes to observe, to witness the mystery that is ours. Mystical. Real. Profound

Still

« Parts of the spiritual psyche is forging a relationship to the mystical – the mystery, that yet is still unknown and unknowable. Mysticism has been described as both, ineffable, owning to the inhability to capture the experience in ordinary language, as having a noetic quality.

Mystical experiences reveal unaccessible or hidden knowledge. Some dimension of what is called mystical experiences is about that daily, dynamic work of consciousness – being engaged in that mysterious relationship with the unconscious, including and especially for mystic experience, the collective and transpersonal levels. I don’t believe it happens to special people only or to so-called mystics because it’s available to everybody. That is the nature of spirit: it is for all to receive and give if they open to it. « 

Willow Pearson and Helen Marlo, Psyche and Soul, The Spiritual Psyche in Psychotherapy

Choisir d’ignorer ou le traitement par le silence / Ignoring as a Violence or The Silent Treatment

« Le pire péché envers nos semblables, ce n’est pas de les haïr, mais de les traiter avec indifférence; c’est là l’essence de l’inhumanité. »

“The worst sin to our fellow creatures is not to hate them, but to be indifferent to them: that is the essence of inhumanity.”

George Bernard Shaw-

Choisir d’ignorer plutôt que de communiquer, éviter l’interaction plutôt que d’y faire face, faire silence, sciemment, font partie de ces violences qui existent encore. Nos médias sociaux y ont contribué et, comme le disent certains, il est beaucoup plus facile d’éviter la communication – à première vue – que de risquer de grandir avec elle. Mais ce phénomène n’a rien de nouveau, puisqu’il respire depuis aussi longtemps que les premiers êtres vivants (Adam et Ève?). Pourquoi? Parce que grandir, apprendre, s’éveiller et ouvrir les yeux impliquent travail, effort, possibles remises en question et réflexions que tous.es ne sont pas nécessairement prêts.es à entreprendre, entre autres choses. Nous sommes humains et donc, le libre-arbitre fait partie du jeu. Erreurs et bons coups confondus.

Souvent – trop souvent – nous préférons « fermer la lumière ». Comme on demande à nos enfants de cesser de pleurer, aux clientèles vulnérables de garder silence ou aux ainés d’attendre patiemment. Aux femmes de se taire, aux gens qui ne nous ressemblent pas de demeurer à l’écart. On bloque. On « ghost », comme disent les jeunes. Facile. Mais est-ce vraiment satisfaisant? Qu’en retire-t-on? Que fait-on pousser dans son jardin, en l’occurrence?

Choisir d’ignorer équivaut à heurter physiquement quelqu’un. Une violence comme une autre. Une habitude comme une autre… Commune. Ainsi, de la cellule familiale au milieu social, du milieu d’éducation aux plateformes en ligne, de la sphère professionnelle aux espaces de communication moins formels, le traitement du silence étend, lentement, son message comme la racine du trauma. Trauma silencieux, trauma invisible, trauma malade. Jusqu’à ce que l’on choisisse de le sortir de terre pour que puissent pousser les trésors que l’on choisi et que l’on tient, consciemment, à cultiver.

Ces trésors à partager, à communiquer, à laisser briller avec un regard porté sur l’instant, sur demain, grand ouvert. Sur l’hier aussi, avec la compassion que nous aurons le courage et la présence d’offrir en bouquet à ces dynamiques d’ignorance, de silence qui pèsent lourd. Beaucoup trop lourd…

Et avec légèreté, détricoter le trauma. Faire, de ses fibres, un nouveau cadeau: l’ouverture. La franchise et la droiture. Exprimer, dire, écrire, illustrer. Trouver des voies pour communiquer, pour jardiner, pour être Humain.e, autrement.

Extrait, The Atlantic (Daryl Austin):

« L’ostracisme social est une punition courante depuis des millénaires. Le silence imposé porte de nombreux noms : évitement, isolement social, refus d’obtempérer, ghosting. Bien que les psychologues aient des définitions nuancées pour chaque terme, il s’agit essentiellement de formes d’ostracisme. Et cette tactique n’est pas nouvelle. Les Grecs de l’Antiquité expulsaient pendant dix ans les citoyens considérés comme une menace pour la démocratie, et les premiers colons américains bannissaient les personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Les religions ont exclu des individus pendant des siècles : Les catholiques parlent d’excommunication, le herem est la plus haute forme de punition dans le judaïsme, et les Amish pratiquent le Meidung. L’Église de Scientologie recommande la « déconnexion » totale de toute personne jugée antagoniste envers la religion.


Chaque nouvelle méthode de connexion peut être utilisée comme une forme de déconnexion. Les gens choisissent le silence parce qu’ils peuvent s’en tirer sans avoir l’air de maltraiter les autres et parce que c’est très efficace pour que la personne ciblée se sente mal. Le silence imposé est une forme particulièrement insidieuse d’abus. Le silence imposé pourrait être employé par les types de personnalité passive pour éviter le conflit et la confrontation, tandis que les types de personnalité forte l’utilisent pour punir ou contrôler. Certaines personnes peuvent également en faire usage sans en avoir conscience. Une personne peut être submergée par des sentiments qu’elle ne peut exprimer avec des mots, alors elle se tait. Un autre équivalent de sables mouvants psychologiques ».

Traduction libre

Souhaitons-nous d’oser éclairer respectivement nos chemins plutôt que de faire le choix d’ignorer et d’astreindre au silence.

Choosing to ignore rather than communicate, avoiding interaction rather than facing it, being silent, knowingly, are some of the violence that still exists. Our social media has contributed to this and, as some say, it is much easier to avoid communication – at first glance – than to risk growing up with it. But this phenomenon is nothing new, as it has been breathing for as long as the first living beings (Adam and Eve?). Why is it so? Because growing, learning, waking up and opening our eyes implies work, effort, possible questioning and reflections that not everyone is necessarily ready to undertake, among other things. We are human and therefore, free will is part of the game. Mistakes and good moves mixed together.

Often – too often – we prefer to « turn off the light. » As we ask our children to stop crying, vulnerable ones to remain silent, or elders to patiently wait . Women are asked to keep quiet, people who don’t look like us to stay away. We shut them down. We « ghost », as the kids say. It’s easy. But is it really satisfying? What do we get out of it? What do we grow in our garden, for that matter?

Choosing to ignore is equivalent to physically hurting someone. A violence like any other. A habit like any other… Common. Thus, from the family unit to social circles, from the educational environment to online platforms, from the professional sphere to less formal communication spaces, the treatment of silence extends, slowly, its message as the root of trauma. Silent trauma, invisible trauma, sick trauma. Until we choose to pull it out of the ground so that the treasures we choose and consciously care to cultivate can grow.

These treasures to be shared, to be communicated, to be allowed to shine with an eye on the moment, on tomorrow, wide open. On yesterday too, with the compassion that we will have the courage and presence to offer as a bouquet to these dynamics of ignorance, of silence that weigh heavy. Much too heavy…

And with lightness, unravel the trauma. To make, from its fibers, a new gift: openness. Openness and straightforwardness. Expressing, saying, writing, illustrating. Find ways to communicate, to garden, to be Human, differently.

A piece from The Atlantic (Daryl Austin):

« Social ostracism has been a common punishment for millennia. The silent treatment goes by many names: shunning, social isolation, stonewalling, ghosting. Although psychologists have nuanced definitions for each term, they are all essentially forms of ostracism. And the tactic is nothing new. Ancient Greeks expelled for 10 years citizens who were thought to be a threat to democracy, and early American settlers banished people accused of practicing witchcraft. Religions have frozen out individuals for centuries: Catholics call it excommunication, herem is the highest form of punishment in Judaism, and the Amish practice Meidung. The Church of Scientology recommends total “disconnection” from anyone deemed antagonistic toward the religion. Every new method of connection can be used as a form of disconnection.

People use the silent treatment because they can get away with it without looking abusive to others and because it’s highly effective in making the targeted individual feel bad.

The silent treatment might be employed by passive personality types to avoid conflict and confrontation, while strong personality types use it to punish or control. Some people may not even consciously choose it at all. A person may be flooded with feelings they can’t put into words, so they just shut down. It’s psychological quicksand.”

May we dare to light each other’s way instead of going for the silent treatment.