Jour 5


Le moment maintenant

J’avais idée de communiquer une réflexion en lien avec le détachement, la suite dans l’ordre des choses lorsqu’on chemine vers une autre étape.  Finalement, au terme de cette journée, j’ai plutôt et surtout envie de dire merci à tous ces moments qu’on vit avec toutes ces personnes qui font partie de notre vie, de près ou de loin. Il y a des moments faciles; d’autres plus tordus.  Des instants de bonheurs et des petits vents de larmes.  On m’a rappelée à maintenant; tsé le moment maintenant…!

Je me suis demandé, aujourd’hui, comment j’allais entreprendre cette journée. J’avais un plan.  Des idées. Des objectifs.  Au final, les circonstances – un jeûne médical – et la température interne m’ont conduite sur un autre parcours.  J’ai l’habitude de composer mon agenda comme s’il y avait quatorze jours dans une semaine.  Aujourd’hui était une journée qui me rappelait l’irréalisme de cette façon de faire.  Mon corps, le temps, mes feuilles de route, mon homme, mes chats et mes enfants me l’ont confirmé.  Je termine ce cycle de 24 heures en passage vers une autre forme de décrochage ( le décrochage sélectif!), de communication absente de peurs et de retenue.

Le mois d’octobre augure une grande période de transformation.  Je n’ai d’autre élan, ce soir, que celui de remercier, de prier, de me sentir privilégiée de pouvoir participer à une marche comme celle-ci.  Malgré les inquiétudes, les vides d’inspiration et les moments qui semblent tellement long, la vie avance.  On grandit, qu’on le veuille ou non.  Les routes se croisent et se décroisent.  Il faut souvent beaucoup de courage et d’amour pour se tenir debout, plein de soi-même.  C’est impressionnant.  Et le fait de penser que de nombreuses personnes autour de nous vont dans la même direction, rencontrant les mêmes étapes, les mêmes sourires, les mêmes larmes, si uniques et si pareils à la fois demeure aussi marquant.

Cette journée n’en est donc pas une de réponses, mais plutôt de transit entre plusieurs mondes, plusieurs routines, là où s’effleurent les imaginations, les rêves et les dodos qui rapprochent, les uns des autres, ceux qui ont envie d’éclater de rire ensemble.  Car c’est bien pour cela que nous sommes ici, n’est-ce pas?

Jour 4


Jour 4 – L’ABC réinterprété

L’ABC est une suite logique.  Suite d’événements, d’interprétations, de circonstances et ce qui s’ensuit pour celui ou celle qui les aura vécu.  La question du jour: comment négocier avec ce qui nous arrive dans la vie?  Réponse tendance du jour: en vivant le lâcher prise.  En fait, c’est plus qu’une réponse à la mode: c’est un point où l’on finit immanquablement par aboutir, en bon état ou un peu amoché(e). Le premier référant aux circonstances ainsi qu’aux signes que l’on choisit d’écouter.  Le second témoignant de notre refus de laisser aller le morceau, quel qu’il soit.  Parfois, plus c’est évident, plus il est difficile de le pratiquer (le lâcher prise).

Aujourd’hui, j’ai égaré mon cellulaire.  J’étais sur la route lorsque je m’en suis rendue compte et il se trouve que j’avais encore plusieurs centaines de kilomètres à faire.  J’ai évidemment beaucoup de transactions téléphoniques à effectuer cette semaine, plusieurs rendez-vous, pas de ligne à la maison et des gens qui attendaient que je communique avec eux dans la journée.  En apparence, j’étais calme – tout allait s’arranger.  J’ai même songé à aller m’acheter un nouvel appareil dans les vingt-quatre heures, en me disant que je rattraperais bien les infos perdues.  Chemin faisant, je me suis mise à avoir mal à la tête.  D’heure en heure, le malaise s’amplifiait.  Je suis arrivée à destination avec le même malaise et une certaine dose d’impatience.  Le tout se prolongeant au cours de la soirée.  Puis, il y a quelques minutes (eh, oui, j’écris à propos de ce jour quatre à la veille du cinquième), j’ai réalisé qu’en fait, je n’avais  absolument pas lâché prise.  Encore une fois, j’avais laissé gagné le stress et sa panoplie de manifestations embêtantes.

Morale de la journée: quand on pense qu’il n’y a plus de solution, il y en a encore une quelque part.  Morale que j’appliquerai donc en sens positif comme une façon de me confirmer qu’il y a toujours une clé, même et surtout quand on n’en a pas idée.  Et qu’elle peut provenir d’une personne que l’on aime (merci à Jean pour le sauvetage-cellulaire!). Il est possible d’être surpris à toute échelle…et cela pourrait aider les tensions à rester en vacances (hors de nos pays).

Je termine en laissant ici les paroles d’une chanson qui m’émeut beaucoup dernièrement, que je chante dans ma voiture et qui me fait aussi penser à cette forme de lâcher prise propice à rencontrer son chemin de vie tout bonnement, sans le chercher.  Et ce, jusqu’à la prochaine étape, ailleurs…

 »Wake Me Up »

Feeling my way through the darkness
Guided by a beating heart
I can’t tell where the journey will end
But I know where to start

They tell me I’m too young to understand

They say I’m caught up in a dream
Well life will pass me by if I don’t open up my eyes
Well that’s fine by me

[2x]
So wake me up when it’s all over
When I’m wiser and I’m older
All this time I was finding myself
And I didn’t know I was lost

I tried carrying the weight of the world
But I only have two hands
Hope I get the chance to travel the world
But I don’t have any plans

Wish that I could stay forever this young
Not afraid to close my eyes
Life’s a game made for everyone
And love is the prize

[2x]
So wake me up when it’s all over
When I’m wiser and I’m older
All this time I was finding myself
And I didn’t know I was lost

Didn’t know I was lost
I didn’t know I was lost
I didn’t know I was lost
I didn’t know

 

Jour 3 – Perspective


Jour 3 – Perspective

Journée de mise en perspective.  L’occasion de prendre du recul face aux émotions des trente-cinq dernières années (ni plus, ni moins).

Il est improbable d’en faire le tour en repassant chaque circonstance, car cela constitue, en soi, un bagage plus ample que le contenu d’une journée.  J’en conviens.  Adoptons le point de vue de la consolidation.  Les étapes, les souvenirs et les faits marquants ont été visités et revisités de nombreuses fois (certains d’entre eux ont même fait l’objet d’un exil).  Exprimés, ressassés, libérés, pleurés et livrés sous forme de rire sont des exemples de la circulation de ces contenus.  Donc, en supposant que je suis entrain de marcher la montagne qui me permet de consolider tout ce qui a été vécu, il est tout à fait normal que de nombreuses occasions me soient présentées en vue de reconnaître où j’en suis rendue intérieurement et extérieurement.  Plein de tests: puis-je m’affirmer, peu importe la situation? Puis-je faire des choix malgré le fait qu’ils semblent risqués? Puis-je pleinement prendre ma santé en main, sous toutes ses coutures? Puis-je enfin me préparer pour le prochain envol sans craindre de battre en retraite? Plein de clins d’oeil aussi: des nouvelles que je n’attendais plus, des situations qui s’ajustent avec fermeté, des douceurs plein la vie. des sourires, des non et des merci.

Bref, on se trouve dans une ambiance soutenue.  « C’est la faute aux étoiles!« (parole inspirée de mon amie astrologue) ou « C’est la faute à Isabelle« !  Oui, c’est vrai, je suis responsable.  De mon bout, par contre.  Celui des autres, je leur laisse.  Responsable d’être ici, présente et d’écouter ce qui évolue autour de moi comme une pièce aux trésors  (oui, oui, un espace où se cachent plein de cadeaux).  Responsable de créer ma vie, d’être heureuse, d’oser surtout.  Et oser, ça implique qu’on aie pris le temps de faire le ménage dans ses émotions.  J’entrevois un énorme panier de lessive qu’on s’apprête à trier ainsi qu’ à plier en vue de ranger soigneusement chacune de ses composante à l’endroit qui convient.  Il arrive évidemment qu’on y travaille de façon un peu précipitée…avec le risque d’avoir à y revenir.  Sans compter les tremblements de pile (de lessive) occasionnés par des enfants qui passent à côté ou carrément dedans.  Je me propose de faire ici l’analogie avec les émotions, car la circonstance s’applique aisément.  Donc, en admettant que tout soit rentré dans l’ordre, il est bon de se rappeler au soulagement d’une tâche accomplie, au soulagement de se retrouver de nouveau dans un espace dégagé – en dedans et en dehors.  Et c’est à ce moment que, pour ma part, je me rappelle au fait que je suis entrain de marcher sur un sentier aux arômes magiques, où la lumière s’infiltre entre les arbres, explose en zone dégagée et où il fait bon de continuer l’ascension vers le sommet de la montagne.

Bien entendu, la lessive, c’est à refaire au moins une fois par semaine.  Et si j’appliquais ça au check up* des émotions, histoire de m’assurer que tout peut s’aligner (et se placer)? Au cas où j’aurai oublié d’exprimer quelque chose…!

*identification des émotions

Jour 2


Jour 2

Matinée fatiguée.  Cinquante-deux jours, c’est différent de cinquante-deux semaines.  Ça veut dire que tout se précipite – enfin, dépendant de nos modes de croisière habituels.  Ce matin: marmots en cuisine, à moitié endormis…et maman qui déborde du stress d’un départ plus ou moins coordonné.  Me voici (photo), après les avoir  »livrés » à leur école respective.  Tout va bien. Tout va bien.  TOUT VA BIEN (je peux y croire).  Je me rappelle d’inspirer, puis d’expirer.

Constatation: j’ai encore transmis un stress aux enfants, lesquels me l’ont bien rendu en refusant de coopérer.  Un matin bombe de fatigue.  Un matin yoga, Chi Gong ou café, selon la routine.   Un matin plein et vide à la fois. Et beaucoup d’étude à faire.

Question de la journée: avoir un focus, est-ce que ça veut dire avoir une, rien qu’une vision?

Préoccupation: l’attachement peut faire resurgir l’inquiétude et toutes sortes de vieilles peurs.  Ça concerne les enfants, le conjoint ou la conjointe, les amis, la famille au sens large aussi.  Et j’ai le sentiment que c’est un état qui peut se dépasser dans l’affirmation.  Il existe un risque de déplaire à ceux qui nous entourent.  Dire non, mettre une limite, poser un geste, un acte, une parole d’affirmation – avec amour – peut effectivement avoir un effet marteau.  Et oui, c’est l’histoire des derniers jours ici.  Pourtant…le regret et la culpabilité, on peut choisir de s’en passer.

 Par exemple (fiction aux airs de réalité),  quand un voisin locataire (supposons qu’on vit dans un ensemble de bâtiments avec appartements) se met en colère en raison d’une histoire de feuilles d’automne.  Il exige que les enfants du voisinage évitent d’utiliser celles qui se trouvent au sol  sous prétexte qu’elles lui appartiennent. Il peut être tentant d’intervenir.  Dans ce cas, passer en mode « affirmation«  pourrait signifier que l’on expose le cadre de ce qu’on appelle le gros bon sens, en deux ou trois phrases – je vous laisse le soin d’imaginer celles qui vous viendraient à l’esprit.  De mon côté j’aurais interpellé la nature et son existence autonome.  Comme le disent si bien les autochtones, la nature ne nous appartient pas.  Il en va de même de nos enfants, nos conjoints et tout ce qui nous entoure.  Qu’on soit locataire, propriétaire ou fantôme (pour illustrer l’intangible), c’est du pareil au même.  On naît tout nu et on repart tout nu.  Le reste, c’est du détail. Et ça porte à réfléchir, car de grandes guerres auraient pu commencer en des circonstances comme celles de la chicane de feuilles.

J’ai peut-être trouvé le point de départ du focus après tout.  Vive le jour 2! Et merci les voisins.

52 jours pour écrire, jour 1

 

Jour 1

Voilà, c’est le moment.  Un grand shift. Comme j’ai tendance à passer beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps au pied d’une montagne (transposition littérale autant que poétique – dans le sens de chemin de vie), j’ai décidé de m’entreprendre.  À quoi ça rime?  Et bien, nous allons le découvrir ensemble, au cours des cinquante deux prochains jours.

Je propose de poser sur cette page un texte, susceptible de témoigner de l’état d’être, de l’agir et/ou du parcours effectué, sous un angle choisi.  Il est possible que certains écrits paraissent moins songés que d’autres – je ne prétends pas rédiger avec brio; je me livre,  Certains pourraient être plus songés (probablement dû à l’acclimatation entre les palliers de la montagne!).  Il est également possible que les moments abordés se présentent comme simples et dénudés de tout artifice.  On peut appeler ça marathon, pèlerinage ou ascension.  Peu importe la nomenclature, la principale idée est de faire vivre en bouchées de mots cette évolution.

Il y a deux jours, absorbée par mes découvertes en bibliothèque, j’ai feuilleté un ouvrage intitulé:  »52 jours pour réinventer ma vie », d’Alain Samson.  à première vue, ce livre me rappelle que J’en ai lu, j’en ai vu, j’en ai appris et expérimenté des techniques, des exercices et des expériences dans cette veine.  J’en ai été aussi passionnée qu’accro –  les deux vont sûrement de pair.  Quoi qu’il en soit, j’ai ressenti le besoin de le ramener à la maison.  Je l’ai posé à côté de mon lit, me suis assise et l’ai observé, avec le sentiment que quelque chose allait se passer (à  dire vrai, je l’ai aussi déposé à côté de moi, dans le lit).  J’avais envie d’entendre.  Pas juste de lire.  Pas de suivre religieusement ce qu’on y prescrit.  J’avais envie d’Être ça.

J’ai donc décidé de commencer.  Cinquante-deux jours, ça passe vite, alors aussi bien se mettre en branle – être visible – maintenant.

En ce premier jour, attention portée à décortiquer le mot marathon.  Je retiens marate, définit comme suit:  « Pré humide couvert d’herbes pouvant être fauchées ». Alors je me suis imaginé que c’était ça, être au pied d’une montagne et savoir que le temps est venu de transformer un peu les choses.  Quelles choses?

À suivre